Pourquoi certains événements continuent-ils de nous faire souffrir, même des années plus tard ?

"Pourtant, c'était il y a longtemps."

"Je devrais être passé(e) à autre chose."

"Pourquoi ça me touche encore autant ?"

Ces questions reviennent très souvent en consultation.

Beaucoup de personnes culpabilisent de continuer à souffrir d'un événement ancien.

Elles ont parfois le sentiment d'être « bloquées » ou « trop sensibles ».

Pourtant, notre cerveau ne fonctionne pas comme un calendrier.

Le temps qui passe ne suffit pas toujours à apaiser une blessure.

Qu'est-ce qu'un traumatisme ?

Contrairement à une idée reçue, un traumatisme ne dépend pas uniquement de la gravité objective d'un événement.

Deux personnes peuvent vivre exactement la même situation…

L'une s'en remettra rapidement.

L'autre continuera d'en souffrir plusieurs années plus tard.

Pourquoi ?

Parce qu'un traumatisme correspond avant tout à la manière dont notre cerveau et notre système nerveux ont vécu cet événement.

Lorsque celui-ci dépasse nos capacités d'adaptation, il peut laisser une empreinte durable.

Pourquoi le cerveau continue-t-il à réagir ?

Notre cerveau a un rôle essentiel : nous protéger.

Lorsqu'un événement est vécu comme particulièrement menaçant, il peut rester « en alerte ».

Même lorsque le danger a disparu.

C'est un peu comme une alarme qui continuerait à se déclencher alors que l'incendie est éteint depuis longtemps.

Cette réaction n'est pas un dysfonctionnement.

C'est une tentative de protection.

Les conséquences ne sont pas toujours visibles

Certaines personnes pensent qu'un traumatisme se manifeste uniquement par des cauchemars ou des flashbacks.

En réalité, il peut s'exprimer de nombreuses façons :

  • une hypervigilance permanente ;
  • une anxiété difficile à expliquer ;
  • des réactions émotionnelles très intenses ;
  • une difficulté à faire confiance ;
  • un besoin important de tout contrôler ;
  • des évitements ;
  • des troubles du sommeil ;
  • une fatigue chronique ;
  • une impression d'être constamment sur ses gardes.

Parfois, le lien avec l'événement passé n'est même plus évident.

Pourquoi certains souvenirs reviennent-ils soudainement ?

Il arrive qu'un souvenir ressurgisse plusieurs années après.

Une odeur.

Une musique.

Un lieu.

Une phrase.

Une situation qui ressemble, même de loin, à l'événement initial.

Le cerveau fait alors une association.

Il croit revivre un danger.

Alors qu'en réalité, il ne fait que reconnaître un élément familier.

"Je pensais avoir tourné la page."

Beaucoup de personnes pensent que si la souffrance revient, c'est qu'elles n'ont fait aucun progrès.

C'est rarement le cas.

La reconstruction n'est pas une ligne droite.

Certaines périodes de vie peuvent réactiver d'anciennes blessures :

  • devenir parent ;
  • vivre une séparation ;
  • changer de travail ;
  • perdre un proche ;
  • traverser une période de stress important.

Cela ne signifie pas que tout est à recommencer.

Cela signifie simplement que certaines blessures demandent encore à être entendues.

Qu'est-ce que la résilience ?

La résilience ne consiste pas à oublier.

Ni à faire comme si rien ne s'était passé.

Elle consiste à apprendre progressivement à vivre avec son histoire sans qu'elle dirige toute notre vie.

Un traumatisme peut faire partie de notre histoire.

Il n'a pas besoin de définir notre identité.

Peut-on se reconstruire ?

Oui.

La reconstruction est possible.

Elle demande du temps.

De la bienveillance envers soi-même.

Et parfois un accompagnement.

En thérapie, nous travaillons notamment sur :

  • la compréhension des réactions du cerveau ;
  • les émotions restées bloquées ;
  • le sentiment de sécurité ;
  • la diminution de l'hypervigilance ;
  • la reconstruction de la confiance.

L'objectif n'est pas d'effacer le passé.

Il est de permettre au passé de ne plus envahir le présent.

En conclusion

Si un événement ancien continue à vous faire souffrir, cela ne signifie pas que vous êtes faible.

Cela ne signifie pas non plus que vous manquez de volonté.

Votre cerveau essaie simplement, parfois depuis longtemps, de vous protéger.

Comprendre ces mécanismes est souvent la première étape vers l'apaisement.

La résilience ne consiste pas à oublier ce que l'on a vécu.

Elle consiste à reprendre progressivement le pouvoir sur sa vie.


Besoin d'être accompagné(e) ?

Si vous avez le sentiment que certaines blessures du passé influencent encore votre quotidien, sachez qu'il est possible d'en comprendre les mécanismes et de retrouver un équilibre plus serein.

Je vous accueille à mon cabinet à Arles, ainsi qu'en visioconférence dans un espace d'écoute bienveillant, à votre rythme.

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