Pourquoi ai-je toujours l’impression de ne pas être assez bien ?

pourquoi je prends tout pour moi - thérapie arles margaux joanny

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"J’ai beau faire beaucoup, j’ai toujours l’impression que ce n’est pas assez."

"Les autres me disent que je réussis, mais moi je vois surtout ce que j’aurais pu mieux faire."

"Quand on me fait un compliment, ça me fait plaisir… mais j’ai du mal à vraiment y croire."

"Dès que quelqu’un me rejette ou me critique, je me remets entièrement en question."

"J’ai souvent l’impression que les autres ont quelque chose que je n’ai pas."

"Je sais que je suis très dur(e) avec moi-même, mais je n’arrive pas à faire autrement."

Vous pouvez avoir construit beaucoup de choses dans votre vie.

Avoir un travail, des relations, des compétences, des réussites dont vous pourriez objectivement être fier(ère).

Et malgré tout, garder intérieurement cette sensation :

« Je ne suis pas assez. »

Pas assez intéressant(e).

Pas assez compétent(e).

Pas assez attirant(e).

Pas assez intelligent(e).

Pas assez important(e).

Pas assez aimé(e).

Alors vous essayez parfois d’en faire davantage.

De mieux faire.

De prouver.

De plaire.

De réussir.

Mais le problème avec le sentiment de ne jamais être assez, c’est que la barre peut continuer à se déplacer chaque fois que vous l’atteignez.

 

Pourquoi ai-je l’impression de ne jamais être assez bien ?

Cette impression ne vient pas nécessairement d’un manque réel de capacités ou de qualités.

Elle concerne souvent davantage la manière dont vous vous percevez.

Nous construisons progressivement une représentation de nous-mêmes à partir de nombreuses expériences :

ce que l’on nous a dit,

la manière dont nous avons été regardés,

les comparaisons,

les réussites,

les échecs,

les critiques,

les encouragements,

les rejets,

les relations,

mais aussi les conclusions que nous avons nous-mêmes tirées de tout cela.

Deux personnes peuvent ainsi vivre une situation similaire et ne pas en tirer la même conclusion.

Une personne échoue et pense :

« J’ai raté cette fois. »

Une autre peut penser :

« Je suis nul(le). »

Dans le premier cas, le jugement porte sur une situation.

Dans le second, il porte directement sur la valeur de la personne.

Et c’est une différence essentielle.

 

Comment se construit l’image que nous avons de nous ?

Notre estime de nous-mêmes ne se construit pas du jour au lendemain.

Elle évolue tout au long de notre histoire.

Certaines personnes ont grandi avec beaucoup de valorisation.

D’autres ont davantage entendu ce qui n’allait pas.

Certaines ont eu le sentiment qu’elles pouvaient être aimées même lorsqu’elles échouaient.

D’autres ont pu ressentir qu’elles devaient réussir, être sages, être fortes, rendre service ou ne pas déranger pour obtenir de la reconnaissance.

Parfois, personne n’a explicitement dit :

« Tu n’es pas assez bien. »

Et pourtant, certains vécus ont pu conduire à cette conclusion.

Des critiques répétées.

Des comparaisons.

Un manque de valorisation.

Un sentiment de rejet.

Des attentes très élevées.

Une relation dans laquelle vous avez souvent été dévalorisé(e).

Le sentiment de devoir constamment faire vos preuves.

Ou simplement le fait que vos réussites aient été considérées comme normales alors que vos erreurs étaient beaucoup plus remarquées.

Progressivement, une croyance peut s’installer :

« Pour avoir de la valeur, je dois faire davantage. »

Quand « faire mieux » ne suffit jamais

"Quand j’atteins un objectif, je suis content(e) cinq minutes… puis je pense déjà au suivant."

"Je remarque immédiatement ce que j’aurais pu mieux faire."

"J’ai du mal à être fier(ère) de moi."

"J’ai toujours besoin de prouver que je suis capable."

Lorsque votre valeur personnelle dépend beaucoup de ce que vous accomplissez, réussir peut effectivement vous rassurer.

Mais parfois seulement temporairement.

Vous obtenez une promotion.

Vous réussissez un examen.

On vous félicite.

Vous atteignez un objectif.

Pendant quelques instants :

« Ça y est. »

Puis rapidement :

« Oui, mais… »

Vous minimisez.

Vous comparez.

Vous trouvez ce qui aurait pu être mieux.

Ou vous vous fixez immédiatement un nouvel objectif.

Ce fonctionnement peut conduire à une forme de course permanente dans laquelle vous cherchez à obtenir, par vos réussites, une sécurité intérieure qui ne dure jamais très longtemps.

Pourquoi ai-je du mal à accepter les compliments ?

"Quand on me fait un compliment, je réponds immédiatement que ce n’est rien."

"Je pense que la personne est simplement gentille."

"Quand on me dit que j’ai bien fait quelque chose, je trouve toujours une raison de minimiser."

Cela peut paraître paradoxal.

Vous avez besoin de reconnaissance…

mais lorsqu’elle arrive, vous avez parfois du mal à l’intégrer.

Pourquoi ?

Parce qu’une information positive qui ne correspond pas à l’image que vous avez de vous peut être difficile à croire.

Si vous pensez profondément :

« Je ne suis pas très compétent(e). »

et que quelqu’un vous dit :

« Tu es vraiment doué(e). »

votre cerveau peut chercher immédiatement une explication qui permette de conserver sa croyance :

« Il est gentil. »

« J’ai eu de la chance. »

« N’importe qui aurait pu le faire. »

Alors que lorsque quelqu’un vous critique…

la critique peut sembler beaucoup plus crédible.

Parce qu’elle vient confirmer quelque chose que vous craignez déjà.

 

Pourquoi une critique peut-elle me toucher autant ?

Une remarque ne touche pas uniquement par les mots prononcés.

Elle peut également toucher ce qu’elle vient confirmer en nous.

Si quelqu’un vous dit :

« Tu aurais pu faire mieux. »

vous pouvez entendre une remarque concernant une situation précise.

Mais si vous portez déjà intérieurement la croyance :

« Je ne suis jamais assez bien »

la remarque peut devenir :

« Tu vois. J’avais raison. Je ne suis pas à la hauteur. »

C’est aussi pour cela que certaines critiques peuvent tourner longtemps dans la tête.

Vous ne réfléchissez plus seulement à ce que la personne a dit.

Vous commencez à remettre en question qui vous êtes.

 

Le piège de la comparaison

"Je sais qu’il ne faudrait pas se comparer… mais je le fais quand même."

"Chez les autres, je vois tout ce qu’ils réussissent. Chez moi, je vois surtout ce qui manque."

"J’ai souvent l’impression d’être en retard."

La comparaison n’est pas toujours négative.

Elle peut nous inspirer ou nous permettre de nous situer.

Mais lorsqu’on manque de confiance en soi, la comparaison peut devenir particulièrement injuste.

Parce que nous comparons parfois :

les réussites visibles des autres

avec

nos propres doutes invisibles.

Vous connaissez vos hésitations.

Vos échecs.

Vos complexes.

Vos moments de découragement.

Vous ne connaissez pas nécessairement ceux de la personne que vous observez.

La comparaison devient alors rarement équitable.

 

Quand le sentiment de ne pas être assez influence les relations

Cette croyance peut également prendre beaucoup de place dans la vie affective.

"Pourquoi il/elle resterait avec moi ?"

"J’ai peur qu’il/elle rencontre quelqu’un de mieux."

"J’ai besoin de savoir régulièrement qu’on m’aime."

"Quand l’autre prend de la distance, je me demande immédiatement ce que j’ai fait."

Si vous doutez profondément de votre valeur, être choisi(e) par quelqu’un peut vous rassurer.

Mais parfois, cela ne suffit pas à créer une sécurité durable.

Vous pouvez alors rechercher régulièrement des preuves.

Des messages.

Des gestes.

Des paroles.

Des signes que tout va bien.

Et lorsqu’un de ces signes disparaît temporairement, le doute peut revenir.

« Et s’il/elle réalisait finalement que je ne suis pas assez ? »

Cela peut conduire à beaucoup s’adapter, à avoir peur de déplaire, à accepter certaines situations ou à chercher régulièrement à être rassuré(e).

 

Est-ce que je cherche à être aimé(e) ou à prouver que je mérite de l’être ?

C’est une question importante.

Dans certaines relations, nous pouvons progressivement nous retrouver à énormément donner.

Être disponible.

Comprendre.

Pardonner.

Faire des efforts.

Nous adapter.

Anticiper les besoins de l’autre.

Et parfois, derrière cette générosité réelle, peut aussi se cacher une inquiétude :

« Si je ne fais plus tout cela, est-ce que l’on m’aimera toujours autant ? »

Lorsque l’on a appris que sa valeur dépendait beaucoup de ce que l’on apportait aux autres, recevoir simplement de l’affection peut devenir étonnamment difficile.

On ne cherche alors plus seulement à être aimé(e).

On cherche à mériter continuellement sa place.

 

Pourquoi ai-je peur de déplaire ?

"Je sais dire non… mais après je culpabilise."

"Je n’aime pas quand quelqu’un est déçu par moi."

"Je préfère parfois accepter quelque chose plutôt que de créer un malaise."

La peur de déplaire peut elle aussi être liée à la valeur que l’on s’accorde.

Si une partie de votre estime dépend de l’image que les autres ont de vous, leur mécontentement peut devenir particulièrement difficile à supporter.

Dire non n’est alors plus seulement :

« Je refuse cette demande. »

Cela peut être ressenti comme :

« Je prends le risque que cette personne pense moins bien de moi. »

Le travail ne consiste donc pas uniquement à apprendre à dire non.

Il consiste aussi à pouvoir progressivement accepter que quelqu’un puisse ne pas apprécier l’une de vos décisions sans que votre valeur personnelle soit remise en question.

 

Ce que votre histoire vous a appris à croire sur vous

Il existe parfois des phrases que nous ne prononçons jamais à voix haute, mais qui influencent énormément notre manière de vivre.

« Je dois être parfait(e) pour être reconnu(e). »

« Je dois être utile pour avoir ma place. »

« Si je déçois, je risque de perdre l’autre. »

« Les autres sont toujours mieux que moi. »

« Je dois prouver ce que je vaux. »

« Je ne mérite pas vraiment ce qui m’arrive de bien. »

Ces phrases ne sont pas nécessairement des vérités.

Elles peuvent être des conclusions construites au fil de votre histoire.

Et une conclusion construite peut être réinterrogée.

 

Comment commencer à changer cette perception de soi ?

L’objectif n’est pas de se regarder chaque matin dans le miroir en répétant :

« Je suis formidable. »

Si vous n’y croyez pas, votre cerveau risque simplement de répondre :

« Pas vraiment. »

Le travail est généralement plus progressif.

Il peut commencer par apprendre à repérer la manière dont vous vous parlez.

Lorsque vous faites une erreur, est-ce que vous pensez :

« J’ai fait une erreur »

ou :

« Je suis nul(le) » ?

Lorsque quelqu’un vous rejette :

« Cette personne ne souhaite pas cette relation »

ou :

« Personne ne veut vraiment de moi » ?

Lorsque vous réussissez :

« J’ai travaillé et j’ai réussi »

ou :

« J’ai eu de la chance » ?

Petit à petit, il s’agit de distinguer les faits de la manière dont votre regard sur vous les interprète.

 

Un exercice concret : est-ce un fait ou une croyance ?

Prenez une phrase que vous pensez régulièrement.

Par exemple :

« Je ne suis pas assez intéressant(e). »

Puis demandez-vous :

Est-ce un fait objectif ou une conclusion sur moi ?

Quelles expériences ont pu contribuer à cette croyance ?

Est-ce que je remarque davantage ce qui la confirme que ce qui la contredit ?

Est-ce que je parlerais de cette manière à quelqu’un que j’aime ?

Et enfin :

Quelle formulation serait plus juste, sans tomber dans le positif forcé ?

Par exemple :

Au lieu de :

« Je ne suis jamais assez bien. »

vous pourriez progressivement arriver à :

« Je remarque que j’ai tendance à mesurer ma valeur à ce que je réussis ou au regard des autres. »

La deuxième phrase ne cherche pas à vous convaincre que tout va bien.

Elle permet simplement de commencer à observer un fonctionnement plutôt que de le considérer comme une vérité.

 

Quand consulter ?

Il peut être intéressant d’en parler lorsque cette impression de ne jamais être assez influence régulièrement votre quotidien.

Par exemple lorsque :

  • vous avez beaucoup de mal à reconnaître vos qualités ou vos réussites ;
  • vous vous comparez constamment ;
  • vous êtes particulièrement sensible aux critiques ;
  • vous avez besoin de beaucoup de validation extérieure ;
  • vous cherchez souvent à prouver votre valeur ;
  • vous avez peur de décevoir ;
  • vous avez du mal à poser des limites ;
  • vous vous remettez facilement en question dans vos relations ;
  • vous avez l’impression que les autres sont toujours « mieux » que vous ;
  • ou lorsque vos réussites ne suffisent jamais vraiment à vous rassurer.

La thérapie peut permettre de comprendre comment cette image de soi s’est construite, ce qui continue à la renforcer aujourd’hui et comment développer progressivement une perception de soi plus juste.

 

Une question à vous poser

Lorsque vous pensez :

« Je ne suis pas assez… »

essayez de terminer la phrase.

Pas assez quoi ?

Pas assez intelligent(e) ?

Pas assez intéressant(e) ?

Pas assez beau/belle ?

Pas assez compétent(e) ?

Pas assez aimable ?

Puis posez-vous une deuxième question :

« Depuis quand ai-je besoin d’être “assez” pour avoir de la valeur ? »

La réponse peut parfois ouvrir une réflexion bien différente de :

« Comment devenir meilleur(e) ? »

 


En conclusion

Avoir l’impression de ne jamais être assez bien ne signifie pas que vous manquez réellement de qualités, de compétences ou de valeur.

Cela peut signifier que vous avez appris à regarder votre valeur à travers certains filtres.

Le regard des autres.

Vos performances.

Vos erreurs.

Vos réussites.

Votre capacité à être utile.

Votre capacité à plaire.

Ou encore votre capacité à ne jamais décevoir.

Alors vous essayez de faire davantage pour enfin vous sentir suffisamment bien.

Mais parfois, ce n’est pas davantage de preuves qu’il faut accumuler.

C’est la manière dont vous regardez ces preuves qu’il faut commencer à questionner.

Votre histoire a peut-être participé à construire certaines croyances sur vous.

Elle n’est pas obligée de continuer à les confirmer toute votre vie.

Vous pouvez progressivement passer de :

« Qu’est-ce que je dois encore améliorer pour être assez ? »

à :

« Pourquoi ai-je appris que je devais être davantage pour avoir de la valeur ? »

Et cette question peut profondément changer la manière dont vous vous regardez.

 

Besoin d’en parler ?

Si vous avez l’impression de ne jamais être suffisamment bien, que vous doutez beaucoup de votre valeur ou que le regard des autres influence fortement la manière dont vous vous percevez, un accompagnement thérapeutique peut vous aider à comprendre l’origine de ces mécanismes et à construire progressivement une perception de vous-même plus juste.

Je vous accueille dans mon cabinet de psychothérapie à Arles, ainsi qu’en visioconférence partout en France.

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