pourquoi je prends tout pour moi - thérapie arles margaux joanny

Temps de lecture : 4 min

"Il suffit qu'une personne change légèrement de ton et je me demande immédiatement si j'ai fait quelque chose."

"Quand quelqu'un est froid avec moi, je pense que c'est à cause de moi."

"Une remarque peut me rester dans la tête pendant des heures."

"Je sais que je prends les choses trop à cœur… mais je n'arrive pas à faire autrement."

Prendre les choses personnellement peut devenir particulièrement fatigant.

Un collègue répond sèchement.

Votre partenaire semble distant.

Un ami ne répond pas à votre message.

Quelqu'un fait une remarque.

Et presque immédiatement, votre cerveau cherche une explication :

« Qu'est-ce que j'ai fait ? »

Pourtant, le comportement des autres ne parle pas toujours de vous.

Alors pourquoi certaines personnes ont-elles tendance à tout ramener à elles ?

 

Prendre les choses personnellement, qu'est-ce que cela signifie ?

Prendre quelque chose personnellement, c'est attribuer rapidement le comportement ou les paroles de quelqu'un à quelque chose que nous aurions fait, dit ou représenté.

Votre collègue ne vous dit pas bonjour comme d'habitude :

« Il m'en veut. »

Votre partenaire est silencieux :

« J'ai dû faire quelque chose. »

Quelqu'un refuse votre proposition :

« Il ne m'apprécie pas. »

Le cerveau ne dispose pourtant pas toujours de suffisamment d'informations pour arriver à cette conclusion.

Il interprète.

Pourquoi mon cerveau pense immédiatement que le problème vient de moi ?

Parce que notre cerveau supporte assez mal de ne pas comprendre.

Lorsqu'un comportement change, il cherche une explication.

Et certaines personnes ont appris à chercher cette explication… chez elles-mêmes.

Cela peut notamment être lié à une estime de soi fragile, à la peur du rejet, à certaines expériences relationnelles ou à l'habitude de surveiller l'humeur des autres.

La pensée devient alors très rapide :

« Quelque chose a changé → j'ai probablement fait quelque chose. »

Alors qu'il existe parfois des dizaines d'autres explications.

Le comportement des autres raconte aussi leur propre histoire

Une personne peut être distante parce qu'elle est fatiguée.

Irritable parce qu'elle a passé une mauvaise journée.

Silencieuse parce qu'elle est préoccupée.

Moins disponible parce qu'elle traverse quelque chose.

Ou simplement différente de vous dans sa manière de communiquer.

Pourtant, lorsque vous prenez facilement les choses personnellement, votre cerveau oublie toutes ces possibilités.

Il choisit celle qui vous concerne directement.

Pourquoi une simple remarque peut-elle me toucher autant ?

Toutes les remarques n'ont pas le même impact.

Quelqu'un peut vous faire dix compliments…

et vous pouvez passer la soirée à réfléchir à la seule critique qu'il a formulée.

Pourquoi ?

Parce qu'une remarque qui vient toucher une insécurité déjà présente peut prendre beaucoup plus de place.

Si vous doutez déjà de votre compétence, une critique professionnelle peut vous atteindre profondément.

Si vous avez peur de ne pas être suffisamment intéressant(e), une personne moins attentive peut réveiller cette inquiétude.

La remarque n'a donc pas toujours créé la blessure.

Elle est parfois venue appuyer exactement là où vous doutiez déjà.

Le besoin de plaire peut amplifier ce fonctionnement

Lorsque l'opinion des autres prend beaucoup de place, leur moindre changement de comportement devient important.

Vous pouvez alors surveiller :

  • leur ton ;
  • leurs messages ;
  • leurs réactions ;
  • leurs silences ;
  • leurs expressions ;
  • leur manière de vous répondre.

Pourquoi ?

Parce que vous cherchez constamment à savoir :

« Est-ce que tout va toujours bien entre nous ? »

Et cette surveillance peut devenir épuisante.

« Je sais que je me fais des films… mais je n'arrive pas à arrêter »

C'est souvent là que le problème se situe.

Rationnellement, vous savez peut-être que vous manquez d'informations.

Mais émotionnellement, votre cerveau a déjà produit une histoire.

Le travail n'est donc pas simplement de se répéter :

« Arrête de prendre les choses personnellement. »

Il consiste plutôt à apprendre à distinguer :

ce que vous savez

de

ce que vous supposez.

Un exercice très simple

La prochaine fois qu'une situation vous touche, prenez quelques secondes.

Écrivez :

LE FAIT :
« Il a répondu "OK" à mon message. »

Puis :

MON INTERPRÉTATION :
« Il est froid, donc il m'en veut. »

Puis demandez-vous :

« Quelles sont trois autres explications possibles ? »

Par exemple :

Il travaille.

Il est fatigué.

Il n'avait simplement rien d'autre à ajouter.

L'objectif n'est pas de vous convaincre que tout va forcément bien.

Il est de rappeler à votre cerveau que son interprétation n'est qu'une hypothèse parmi plusieurs.

Tout ne parle pas de vous

C'est probablement l'une des choses les plus difficiles à intégrer lorsque l'on prend beaucoup les choses personnellement.

Les autres ont leurs propres émotions.

Leurs problèmes.

Leurs journées difficiles.

Leurs blessures.

Leurs préoccupations.

Leurs façons de communiquer.

Vous n'êtes pas responsable de toutes les variations émotionnelles des personnes qui vous entourent.

Et surtout :

vous n'avez pas à réparer systématiquement une tension dont vous ne connaissez même pas l'origine.

Ce que nous travaillons en thérapie

En consultation, nous pouvons chercher à comprendre pourquoi le regard et les réactions des autres prennent autant de place.

Le travail peut notamment porter sur :

  • l'estime de soi ;
  • la peur du rejet ;
  • le besoin de plaire ;
  • les interprétations automatiques ;
  • la peur du conflit ;
  • le besoin d'être rassuré(e) ;
  • la capacité à tolérer qu'une personne puisse être contrariée sans immédiatement se sentir responsable.

Les TCC permettent notamment de repérer ces pensées automatiques et d'apprendre progressivement à les confronter aux faits.

Une question à vous poser

Lorsque vous commencez à penser :

« Il/elle agit comme ça à cause de moi. »

demandez-vous :

« Qu'est-ce que je sais réellement… et qu'est-ce que je suis en train d'imaginer ? »

La différence entre les deux peut changer énormément de choses.

En conclusion

Prendre les choses personnellement ne signifie pas nécessairement être « trop sensible ».

Cela peut traduire une tendance à surveiller les réactions des autres, à craindre leur jugement ou à se sentir rapidement responsable de leur état émotionnel.

Apprendre à prendre du recul ne signifie pas devenir indifférent(e).

Cela signifie simplement comprendre que tout ce qui se passe autour de vous n'est pas forcément à propos de vous.

Besoin d'être accompagné(e) ?

Si le regard des autres, les remarques ou les changements de comportement vous affectent énormément et vous amènent à beaucoup vous remettre en question, un accompagnement peut vous aider à retrouver davantage de sécurité intérieure.

Je vous accueille dans mon cabinet de psychothérapie à Arles, ainsi qu'en visioconférence partout en France.