Pourquoi je me sens vide alors que tout va bien ?

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"Je n'ai pas de raison particulière d'aller mal."

"J'ai un travail, une famille, des amis… mais il me manque quelque chose."

"Je ne suis pas forcément triste. Je me sens juste vide."

"Sur le papier, tout va bien. Pourtant, intérieurement, je ne me sens pas vraiment heureux(se)."

Cette sensation peut être particulièrement déroutante.

Parce que lorsqu'un événement difficile survient, nous pouvons généralement donner une raison à notre mal-être.

Mais lorsque notre vie semble aller correctement et que malgré cela quelque chose ne va pas, une autre difficulté apparaît souvent :

la culpabilité.

"De quoi est-ce que je me plains ?"

"D'autres personnes vivent des choses bien plus difficiles."

"Je devrais être heureux(se)."

Pourtant, avoir une vie qui semble satisfaisante de l'extérieur ne signifie pas nécessairement se sentir bien intérieurement.

 

Que signifie cette sensation de vide ?

Le sentiment de vide est difficile à expliquer.

Ce n'est pas toujours de la tristesse.

Ce n'est pas forcément de l'angoisse.

C'est parfois davantage l'impression de fonctionner sans réellement ressentir ce que l'on vit.

Vous vous levez.

Vous travaillez.

Vous remplissez vos obligations.

Vous voyez vos proches.

Vous continuez votre quotidien.

Mais quelque chose semble s'être éteint.

Vous êtes présent(e) dans votre vie… sans toujours avoir l'impression de vraiment l'habiter.

« Pourtant, j'ai tout pour être heureux(se) »

Cette phrase revient souvent.

Mais elle repose sur une idée trompeuse : celle qu'il existerait une liste de conditions qui devrait automatiquement produire du bonheur.

Un couple.

Un travail.

Des enfants.

Une maison.

Des amis.

Une situation financière correcte.

Tout cela peut évidemment participer à notre bien-être.

Mais nos besoins psychologiques ne se résument pas à ce que nous possédons ou à ce que notre vie donne à voir.

On peut avoir construit une vie parfaitement cohérente sur le papier…

et réaliser progressivement qu'elle ne correspond plus complètement à ce dont nous avons besoin aujourd'hui.

À force de faire ce qu'il faut, on peut oublier ce que l'on veut

Certaines personnes ont passé une grande partie de leur vie à avancer.

Il fallait réussir.

Travailler.

S'occuper des autres.

Construire une famille.

Être fiable.

Ne pas décevoir.

Faire ce qui était attendu.

Et pendant longtemps, cela fonctionne.

Jusqu'au jour où une question apparaît :

« Et moi, là-dedans, qu'est-ce que je veux vraiment ? »

Lorsqu'on a longtemps vécu en fonction des obligations, des attentes ou des besoins des autres, cette question peut devenir étonnamment difficile.

Le pilote automatique

Lorsque le quotidien est très rempli, nous pouvons fonctionner pendant des mois ou des années sans réellement nous arrêter.

Il y a toujours quelque chose à faire.

Le travail.

Les enfants.

Les courses.

Les rendez-vous.

Les messages.

Les responsabilités.

Notre cerveau passe alors énormément de temps dans le « il faut ».

Il faut faire ceci.

Il faut penser à cela.

Il faut organiser.

Il faut répondre.

Et progressivement, le « j'ai envie » peut prendre beaucoup moins de place.

La sensation de vide peut parfois apparaître précisément lorsque nous réalisons que notre vie est devenue essentiellement fonctionnelle.

Est-ce forcément une dépression ?

Non.

Se sentir vide ponctuellement ne signifie pas nécessairement souffrir de dépression.

Cette sensation peut apparaître dans différents contextes : fatigue importante, stress prolongé, burn-out, période de transition, séparation, perte de repères ou questionnement personnel.

En revanche, si ce sentiment persiste, s'accompagne d'une perte importante de plaisir ou d'intérêt, d'un isolement, de troubles du sommeil ou de l'appétit, d'un ralentissement marqué ou d'idées suicidaires, il est important d'en parler rapidement à un professionnel de santé.

Il ne faut pas chercher à poser soi-même un diagnostic à partir d'un symptôme isolé.

Pourquoi je ne profite plus des choses que j'aimais avant ?

C'est également une question fréquente.

Vous continuez peut-être à faire certaines activités parce que vous savez qu'elles vous plaisaient auparavant.

Mais elles n'ont plus tout à fait la même saveur.

Cela peut arriver lorsque nous sommes psychiquement épuisés.

Lorsque le cerveau mobilise beaucoup d'énergie pour gérer le stress, les responsabilités ou les émotions, il peut rester beaucoup moins de disponibilité pour le plaisir.

Parfois, nous avons également changé.

Ce qui nous nourrissait il y a cinq ou dix ans ne correspond simplement plus à la personne que nous sommes devenue.

Le vide peut aussi apparaître lorsque l'on vit beaucoup pour les autres

Certaines personnes savent parfaitement identifier ce dont les autres ont besoin.

Elles sentent immédiatement lorsqu'un proche ne va pas bien.

Elles rendent service.

Elles s'adaptent.

Elles évitent de décevoir.

Elles prennent soin.

Mais lorsqu'on leur demande :

« Et vous, de quoi avez-vous besoin ? »

la réponse est beaucoup moins évidente.

À force de regarder vers l'extérieur, on peut progressivement perdre le contact avec ce qui se passe à l'intérieur.

Pourquoi essayer de remplir ce vide ne fonctionne pas toujours ?

Lorsqu'un sentiment de vide apparaît, notre premier réflexe est souvent de chercher quelque chose pour le faire disparaître.

Multiplier les sorties.

Travailler davantage.

Passer du temps sur les réseaux sociaux.

Acheter.

Manger.

Chercher constamment de la compagnie.

Se lancer dans de nouveaux projets.

Ces choses peuvent procurer du plaisir et il n'y a rien de problématique en soi à les apprécier.

Mais lorsqu'elles servent essentiellement à ne jamais se retrouver face à soi-même, le soulagement reste souvent temporaire.

Dès que le calme revient…

le vide revient également.

Et si le problème n'était pas ce qui manque dans votre vie ?

Lorsque nous ressentons un vide, nous cherchons souvent immédiatement ce qu'il faudrait ajouter.

Une nouvelle relation ?

Un nouveau travail ?

Un nouveau projet ?

Un déménagement ?

Parfois, ces changements sont réellement nécessaires.

Mais avant de chercher ce qu'il faut ajouter, une autre question peut être intéressante :

« Qu'est-ce que j'ai progressivement cessé d'écouter chez moi ? »

Vos envies ?

Vos limites ?

Votre fatigue ?

Vos valeurs ?

Vos émotions ?

Votre besoin de changement ?

La réponse n'est pas toujours spectaculaire.

Mais elle peut être très éclairante.

Ce que nous travaillons en thérapie

En consultation, l'objectif n'est pas de vous convaincre que vous devriez être heureux(se) puisque « tout va bien ».

Au contraire.

Nous cherchons à comprendre ce que cette sensation raconte de votre fonctionnement actuel.

Cela peut passer par l'exploration :

  • de vos besoins ;
  • de vos émotions ;
  • de vos sources d'épuisement ;
  • de la place que vous accordez aux autres ;
  • de vos envies personnelles ;
  • de vos valeurs ;
  • de ce qui vous apporte encore du plaisir ;
  • et de ce qui, aujourd'hui, ne vous correspond peut-être plus.

L'objectif n'est pas forcément de bouleverser votre vie.

Parfois, il s'agit simplement de retrouver votre place à l'intérieur de celle que vous avez déjà construite.

Une question à vous poser

Plutôt que :

« Pourquoi je ne suis pas heureux(se) alors que j'ai tout ? »

essayez :

« Dans ma vie actuelle, qu'est-ce qui me nourrit réellement… et qu'est-ce que je fais uniquement parce qu'il faut le faire ? »

Prenez quelques minutes pour y répondre sans chercher la bonne réponse.

La différence entre les deux peut déjà vous apprendre beaucoup.

En conclusion

Se sentir vide alors que tout semble aller bien n'est pas forcément contradictoire.

Une vie peut être remplie d'activités, de personnes et de responsabilités tout en laissant peu de place à nos propres besoins.

Ce sentiment ne signifie pas nécessairement qu'il faut tout changer.

Il peut simplement être une invitation à s'arrêter et à se demander :

« Est-ce que la vie que je remplis chaque jour me nourrit encore réellement ? »


Besoin d'être accompagné(e) ?

Si vous avez l'impression d'avancer en pilote automatique, de ne plus savoir ce qui vous fait réellement du bien ou de ressentir un vide difficile à expliquer, un accompagnement thérapeutique peut vous aider à mieux comprendre ce qui se passe.

Je vous accueille dans mon cabinet de psychothérapie à Arles, ainsi qu'en visioconférence.