Pourquoi je n’arrive pas à lâcher prise ? Causes et solutions

Publié le 11 août 2026 à 10:52
lâcher prise cabinet à arles

Temps de lecture : 5 min

"On me dit tout le temps de lâcher prise… mais je ne sais pas comment faire."

"J’ai besoin de savoir ce qui va se passer."

"Si je ne contrôle pas les choses, je stresse."

"Même quand tout va bien, mon cerveau trouve quelque chose à anticiper."

Le lâcher-prise est souvent présenté comme quelque chose de simple.

Il suffirait de moins réfléchir, d’arrêter de vouloir tout contrôler et de « profiter du moment présent ».

Mais lorsque votre cerveau a pris l’habitude d’anticiper, de prévoir et de contrôler pour se rassurer, lâcher prise ne se décide pas aussi facilement.

Car derrière le besoin de contrôle se cache souvent autre chose : la peur de ce qui pourrait arriver si vous ne contrôliez plus.

Qu’est-ce que réellement lâcher prise ?

Lâcher prise ne signifie pas devenir passif, ne plus rien prévoir ou accepter tout ce qui arrive.

Il s’agit plutôt d’apprendre progressivement à différencier :

ce qui dépend de vous et ce qui ne dépend pas de vous.

Vous pouvez préparer un rendez-vous.

Mais vous ne pouvez pas contrôler la réaction de la personne en face.

Vous pouvez organiser un voyage.

Mais vous ne pouvez pas empêcher tous les imprévus.

Vous pouvez faire de votre mieux dans une relation.

Mais vous ne pouvez pas contrôler les sentiments ou les décisions de l’autre.

Le lâcher-prise commence souvent à cet endroit : accepter qu’une part d’incertitude existe.

Pourquoi ai-je besoin de tout contrôler ?

Le contrôle apporte quelque chose de très précieux au cerveau :

un sentiment de sécurité.

Anticiper permet d’avoir l’impression d’être préparé(e).

Organiser permet de réduire les imprévus.

Réfléchir à tous les scénarios donne l’impression que l’on pourra mieux réagir si quelque chose se passe mal.

Le problème est que ce soulagement est souvent temporaire.

Plus vous contrôlez pour vous rassurer, plus votre cerveau apprend :

« Si je ne contrôle pas, il peut arriver quelque chose. »

Et le besoin de contrôle augmente progressivement.

L’anxiété et le besoin de contrôle sont souvent liés

Lorsqu’une personne est anxieuse, son cerveau cherche naturellement à réduire l’incertitude.

Il pose énormément de questions :

"Et si ça se passe mal ?"

"Et s’il change d’avis ?"

"Et si je me trompe ?"

"Et si j’oublie quelque chose ?"

"Et si je regrette ?"

Pour calmer cette inquiétude, la personne va chercher des réponses, anticiper, vérifier ou organiser.

Pendant quelques minutes, elle se sent mieux.

Puis une nouvelle incertitude apparaît.

Et le cerveau recommence.

C’est ainsi que peut s’installer un véritable cercle du contrôle.

Pourquoi je pense toujours à l’avance ?

Certaines personnes vivent rarement complètement ce qui se passe maintenant.

Pendant une soirée, elles pensent déjà au lendemain.

Pendant les vacances, elles pensent au retour.

Avant une conversation, elles imaginent toutes les réponses possibles.

Avant même qu’un problème existe, elles cherchent déjà comment elles pourraient le résoudre.

Cette anticipation permanente peut donner l’impression d’être efficace.

Mais elle peut également devenir extrêmement fatigante.

Votre cerveau est constamment un peu en avance sur votre vie.

Le perfectionnisme peut également empêcher de lâcher prise

Le besoin de contrôle est parfois associé au perfectionnisme.

Vous voulez prendre la bonne décision.

Trouver les bons mots.

Faire les choses correctement.

Éviter les erreurs.

Ne décevoir personne.

Dans ce fonctionnement, l’erreur peut devenir particulièrement difficile à accepter.

On ne cherche alors plus simplement à bien faire.

On cherche à éviter absolument de mal faire.

Et cela demande énormément d’énergie.

Pourquoi les conseils « lâche prise » ne fonctionnent-ils pas ?

Parce qu’ils s’attaquent au comportement sans comprendre sa fonction.

Si contrôler vous permet de vous rassurer, vous demander simplement d’arrêter revient à supprimer votre stratégie de sécurité sans vous en proposer une autre.

C’est pourquoi certaines personnes savent parfaitement qu’elles contrôlent trop…

mais continuent malgré tout.

Le problème n’est pas de savoir qu’il faudrait lâcher prise.

Le véritable travail consiste à comprendre :

« Qu’est-ce que j’ai peur qu’il se passe si je ne contrôle pas ? »

Comment apprendre progressivement à lâcher prise ?

Il ne s’agit pas de passer du contrôle total au laisser-faire.

Le cerveau apprend beaucoup mieux progressivement.

Vous pouvez commencer par de petites situations.

Ne pas vérifier une information une deuxième fois.

Laisser quelqu’un d’autre organiser quelque chose.

Ne pas préparer mentalement toute une conversation.

Accepter qu’une tâche soit « suffisamment bien » plutôt que parfaite.

Prendre une petite décision sans chercher immédiatement à savoir si c’était la meilleure.

L’objectif n’est pas de provoquer de l’inconfort inutilement.

Il s’agit d’apprendre progressivement à votre cerveau :

« Je peux ne pas tout maîtriser et malgré tout faire face à ce qui arrive. »

Lâcher prise, c’est aussi apprendre à tolérer l’incertitude

Nous cherchons souvent à supprimer l’incertitude.

Mais dans de nombreuses situations, cela est impossible.

Personne ne peut savoir exactement comment évoluera une relation.

Personne ne peut être certain de ne jamais faire une erreur.

Personne ne peut prévoir tous les événements de sa vie.

Le travail consiste donc moins à obtenir toutes les réponses qu’à développer progressivement la capacité à vivre sans les avoir toutes.

Et c’est souvent là que l’anxiété commence à perdre du terrain.

Ce que nous travaillons en thérapie

En consultation, l’objectif n’est pas de vous demander simplement de « moins contrôler ».

Nous cherchons plutôt à comprendre :

  • ce que le contrôle vous apporte ;
  • les situations dans lesquelles il apparaît ;
  • les peurs qui se cachent derrière ;
  • les pensées qui entretiennent l’anticipation ;
  • les comportements de vérification ou de réassurance ;
  • votre rapport à l’erreur et à l’incertitude.

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) permettent notamment de travailler progressivement sur ces mécanismes et d’expérimenter d’autres manières de répondre à l’anxiété.

L’objectif n’est pas de perdre le contrôle de votre vie.

Il est de ne plus avoir besoin de tout contrôler pour vous sentir en sécurité.

Une question à vous poser

La prochaine fois que vous sentez ce besoin de prévoir, vérifier ou contrôler, essayez de vous demander :

« Qu’est-ce que j’essaie réellement d’éviter en contrôlant cette situation ? »

Puis :

« Et si cela arrivait malgré tout, serais-je réellement incapable d’y faire face ? »

La réponse est souvent différente de celle que l’anxiété vous donne spontanément.

 

En conclusion

Si vous n’arrivez pas à lâcher prise, ce n’est pas nécessairement parce que vous êtes rigide ou que vous voulez tout diriger.

Votre besoin de contrôle peut être une manière de vous protéger de l’incertitude, de l’erreur ou de situations que votre cerveau considère comme menaçantes.

Le problème apparaît lorsque cette stratégie devient tellement présente qu’elle finit par vous épuiser.

Apprendre à lâcher prise ne signifie donc pas apprendre à ne plus contrôler.

Il s’agit progressivement de découvrir que vous pouvez vous sentir en sécurité même lorsque tout n’est pas sous contrôle.


Besoin d'être accompagné(e) ?

Si vous avez l’impression de devoir constamment anticiper, organiser, vérifier ou réfléchir à tout pour vous rassurer, un accompagnement thérapeutique peut vous aider à comprendre ce besoin de contrôle et à retrouver progressivement davantage de souplesse.

Je vous accueille dans mon cabinet de psychothérapie à Arles, ainsi qu’en visioconférence